L'argument qui tue sur Les Fleurs du mal : "Le recueil fait preuve de modernité en exaltant la beauté liée au mal." Le titre même du recueil, par le rapprochement qu'il fait des termes « fleurs » et « mal », à connotation opposée, suggère l'idée que l'on peut faire du beau à partir de quelque chose de mal.
Les Fleurs du Mal décrivent l'itinéraire d'une conscience écartelée entre l'attrait et l'oppression du Mal et l'aspiration à une idéalité rarement accessible.
Si l'être est envahi par l'angoisse, c'est parce qu'il aspire au bonheur mais que rien ici-bas ne peut le contenter. Le poète est donc partagé entre un sentiment de spleen, d'ennui, de mélancolie, et son aspiration à l'idéal.
Il considère que le monde dans lequel nous vivons est un chaos au delà duquel existe une unité, un sens, un monde d'ordre et de beauté : l'Idéal. Cet Idéal prend de multiples visages : l'enfance, l'ailleurs exotique, le voyage, les femmes, l'ivresse.
Pourquoi étudier Baudelaire ? Charles Baudelaire est le précurseur de la modernité en poésie. D'un point de vue formel, il rompt avec la poésie traditionnelle en jouant avec l'alexandrin (nombreux enjambements, rejets et contre-rejets qui déstructurent les vers classiques) et en initiant la poésie en prose.
Pour bien présenter l'œuvre, il faut donc comprendre "pourquoi on ne supporte pas ces textes à l'époque". "Ces poèmes sont jugés offensants pour la morale, résume Sonia Arbaretaz. Baudelaire choisit des thèmes qui n'avaient jamais été abordés en poésie". La notion de laideur est beaucoup utilisée par la professeure.
Baudelaire est affecté par le procès des Fleurs du Mal, l'ampleur des accusations et l'incompréhension de son œuvre par le public. Il se défend en distinguant l'art de la morale publique. Par ailleurs, selon le poète : « Le livre doit être jugé dans son ensemble et alors il en ressort une terrible moralité ».
La femme représente le Mal qui détruit le poète
Destructrice, elle représente le Mal. Dans « La Destruction », qui ouvre la section « Fleurs du Mal », le Démon qui tourmente le poète prend ainsi la « forme de la plus séduisante des femmes » (v. 6).
Baudelaire est moderne sur le fond
Baudelaire est moderne car il a fait entrer dans sa poésie des thèmes nouveaux : Baudelaire a notamment fait entrer la ville dans la poésie. Dans Les Fleurs du Mal, une section s'intitule d'ailleurs « Tableaux parisiens ». Baudelaire a une véritable fascination pour la ville.
« Outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs »
Il attaque non seulement le fond, mais aussi la forme. En quelques heures, le recueil est condamné pour « délit d'outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs », en raison de « passages ou expressions obscènes et immorales ».
La maladie. Elle est omniprésente dans le livre, à commencer par son titre. En effet, « mal » peut signifier « maladie », puisque Baudelaire dédie à Gautier « ces fleurs maladives ». On trouve le poème « la muse malade », qui indique bien que Baudelaire reconnait au morbide quelque beauté.
Le monde de Baudelaire est un monde refermé sur lui-même, dont on ne peut échapper. Un monde sans idéal, sans ouverture, cloîtré dans l'immanence et condamné à l'ennui. La correspondance verticale laisse donc place, chez Baudelaire, à une autre correspondance, horizontale, des choses entres elles.
Dans Les Fleurs du mal, le « je » est omniprésent ; mais cette présence est complexe, contradictoire, révélatrice d'une certaine conception de la poésie : le poète est conscient à la fois de son exceptionnel pouvoir d'évocation et des limites de son art.
La poésie nous remet en contact avec ce qu'il y a de plus sensible dans l'existence en stimulant notre inconscient, dans lequel la sensibilité s'éprouve. C'est un moyen d'atteindre ce qu'il y a de plus vrai, de plus sensible en soi en mettant du sens sur certains mots.
Style des Fleurs du mal
Il revendique l'héritage classique : Mètres privilégiés : octosyllabes, décasyllabes et alexandrins.
« La mort » est la dernière section des Fleurs du mal de Baudelaire. Elle est la dernière force permettant au poète d'échapper au spleen. Dans « La mort des amants », il évoque l'idée d'un bonheur futur pour les amants dans une réalité autre que celle dans laquelle ils ont vécu.
Ses poèmes constituent une véritable ode au corps féminin et à la sensualité. Le recueil Les Fleurs du mal a d'ailleurs failli s'appeler Les Lesbiennes. Ses amours sont en tout cas malheureuses, à l'image d'un poète romantique.
Baudelaire refuse l'art traditionnel où le beau se trouve défini par son éloignement de la réalité. Selon lui, son époque a sa propre beauté : si le réel n'est pas toujours fiable et peut suggérer le surnaturel, alors le laid peut, à son tour, supporter l'harmonie et devenir un critère esthétique.
Baudelaire y décrit le Temps comme un Vampire qui "nous ronge le coeur et du sang que nous perdons croit et se fortifie" . Ce paradoxe final annonce une personnification courante du temps en monstre dévorateur et particulièrement sous l'aspect d'une créature vampirique.
Le temps ici personnifié apparaît comme un ennemi, un vampire qui vide le poète de son sang pourtant nécessaire à la croissance de nouvelles fleurs poétiques.
La présentation de l'oeuvre (2 à 3 minutes)
Vous mettez l'œuvre en contexte (1 à 2 minutes) : l'auteur, le contexte historique, les thèmes clés. Puis vous exposez les raisons de votre choix (1 minute). L'important est de dégager un point de vue personnel : qu'est-ce que vous avez aimé, pas aimé, appris …
Les poèmes contenant « des passages ou expressions obscènes et immorales » étaient : Les Bijoux, Le Léthé, A celle qui est trop gaie, Femmes damnées, Lesbos et Les Métamorphoses du vampire . Ces six poèmes devaient être retranchés du recueil.
Parmi les poèmes les plus connus : - l'« Albatros », qui dévoile l'analogie entre « le[s] vaste[s] oiseau[x] des mers » persécuté par les marins sur le pont du navire et le poète, « Prince des nuées » que « ses ailes de géant [l] empêchent de marcher ».
On considère Baudelaire comme un héritier du romantisme et un précurseur du symbolisme. De Musset, il hérite du « mal du siècle », de « l'ennui », du « vague des passions », ainsi que d'une attirance pour la maladie et les affres de la création poétique.
Idéal baudelairien. L'idéal, chez Baudelaire, peut se résumer par la volonté de voir Dieu, ou à tout le moins la beauté par laquelle celui-ci se manifeste : cette ascension morale procure une joie et une ardeur qui s'oppose à la réalité spleenétique de sa vie habituelle.