Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait éclose Sa robe de pourpre au Soleil, N'a point perdu cette vêprée* Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au votre pareil.
Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil.
Ce poème fait partie du premier livre des Odes, 17, et évoque la jeunesse qui passe comme le temps d'une fleur. Cette méditation sur la vieillesse et la mort est un thème récurrent dans la littérature tant religieuse que profane, aussi bien que dans les arts, à cette époque.
Mignonne, allons voir si la rose… est un essai de François Cavanna portant sur la langue française paru en 1989. Son titre est le premier vers de l'Ode à Cassandre du poète français Pierre de Ronsard.
Ce poème est doux et fait l'éloge de la femme tout en faisant apparaître une vérité : celle de la vieillesse. J'aime beaucoup les thèmes abordés par l'auteur : la fuite du temps et cet effet de liberté incarnée par la rose, les fleurs et la nature.
La comparaison entre rose et femme est galante, car le poète associe toute la beauté de la fleur à l'être aimé. C'est une façon de faire des compliments et de louer la femme. Le poète exprime son amour avec beaucoup de lyrisme. Il utilise notamment "las" et "marâtre" dont les sonorités sont proches de "hélas".
Cassandre est la fille du banquier Bernard Salviati, issu d'une noble famille florentine et châtelain de Talcy, non loin de Blois. Elle avait environ quatorze ans lorsqu'elle rencontra Pierre de Ronsard, le 21 avril 1545 , lors d'un séjour de la cour au château de Blois (Ronsard, lui, avait vingt ans).
Son poème le plus célèbre, Mignonne, allons voir si la rose... a contribué à sa postérité d'une bien belle manière : la rosiériste Louisette Meilland a créé en 1987 une variété de rose, poétiquement nommée "rose Pierre de Ronsard".
Cassandre est une jeune fille italienne rencontrée par le poète le 21 avril 1545 à Blois à un bal de la cour. Elle a environ quatorze ans et lui vingt-et-un. Ronsard ne pouvait épouser la jeune fille, car il était clerc tonsuré. Cassandre épousa Jean Peigné, seigneur de Pray l'année suivante.
Les Odes sont la première grande œuvre de Ronsard. Cet ensemble de poèmes est à la fois novateur et critique vis-à-vis de certains poètes contemporains, ce qui le fait mal recevoir par la cour. Ronsard ne fait en effet pas preuve d'allégeance à ses prédécesseurs à la mode.
Issue d'une famille noble de banquiers italiens, elle le rencontre lors d'un bal donné à la cour du roi François Ier. Ronsard en fait son égérie et lui dédie tout un recueil : Les Amours de Cassandre qui paraîtra en 1552. Le poème « Mignonne » fait partie, quant à lui, du recueil Les Odes, paru en 1550.
Ce poème est composé de trois sizains d'octosyllabes. Concernant les rimes, nous avons deux rimes plates suivies de rimes embrassées (AABCCB).
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, Assise auprès du feu, dévidant et filant, Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant : Ronsard me célébrait du temps que j' étais belle.
Dégarnir momentanément ou définitivement d'une clôture.
La paronomase (proximité de son entre deux mots) entre le terme « rose » et « robe » renforce l'assimilation de la femme aimée à une rose et vise à montrer la continuité entre la beauté de la femme et la beauté de la nature tout comme la comparaison « Comme à cette fleur» .
Cette œuvre naît de l'injonction de la reine Catherine de Médicis. En effet, cette dernière désire consoler sa fille d'Honneur, Hélène de Surgères, dont l'amant est tombé au combat. Les vers sur l'amour de l'auteur de renom Ronsard sont alors supposés apaiser son cœur et estomper son chagrin.
Une fois que, en dépit de tous les avertissements, les Grecs ont fait entrer le cheval de bois dans la ville, Cassandre se poignarde avec d'autres Troyennes, qui redoutent la brutalité des Grecs plus que la mort.
Pierre de Ronsard
Cette position lui permettra de se consacrer à l'écriture et à la Pléiade. Considéré comme l'un des fondateurs de la poésie française, Gide dira de lui : "Les poètes qui l'entourent et qui lui succèdent sont, près de lui, froids, incertains, compassés, timorés".
Le sonnet qui nous occupe ici s'intitule « Quand vous serez bien vieille », qui est extrait du recueil Sonnets pour Hélène, paru en 1578. Il s'adresse à Hélène de Surgères, et il est déjà, au moment de l'écriture, un poète célèbre.
Quand vous serez bien vieille, conclusion :
Ce sonnet se distingue d'autres poèmes amoureux par la stratégie paradoxale qu'adopte Ronsard : il peint un portrait négatif de sa belle tout en se mettant lui-même en valeur, pour la persuader de se laisser séduire.
Il les célèbre à travers des recueils de poèmes dans lesquels il exprime à la fois ses sentiments et la fuite du temps. Ronsard est tour à tour, amoureux passionné, tendre ou sensuel. A travers ses poèmes, il exprime cette multitude d'états de l'amour et loue la grâce, la beauté éphémère et l'urgence de vivre.
Quand au matin ma Deesse s'habille, D'un riche or crespe ombrageant ses talons, Et les filets de ses beaux cheveux blons En cent façons en-onde et entortille : Je l'accompare à l'escumiere fille Qui or'pignant les siens brunement lons, Or' les frizant en mille crespillons, Passoit la mer portée en sa coquille.
Ronsard fut protégé par plusieurs rois de France, Henri II et Charles IX.
La femme est une fleur pensante et intelligente, la plus belle des fleurs de la Création. Sa beauté, son courage, sa patience et son sens élevé du sacrifice qui sont tels que bien des hommes en sont indignes !